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Critiques rédigées par Miquel

 

Tamanoir (Jean-Luc André d' Asciano)

note: 4Le Tamanoir Miquel - 24 juin 2020

Jean-Luc André d’Asciano a voulu écrire un poulpe (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Poulpe_(collection)) fantastique. Seulement voilà, la collection n’existe plus. Il a donc créé son personnage aux nombreux points communs avec le poulpe : le Tamanoir en s’imposant les mêmes règles d’écriture et en y introduisant du fantastique. Exercice réussi, ce tome non-officiel est l’un des meilleurs de la série.

Le diable tout le temps (Donald Ray Pollock)

note: 4Le diable, tout le temps Miquel - 24 juin 2020

Bon roman noir et torturé. Une histoire classique de destins croisés mais à la sauce malsaine et ultra-violente.

Le temps fut (Ian McDonald)

note: 4Le temps fut Miquel - 28 mai 2020

Petit roman de science-fiction sur une correspondance amoureuse à travers le temps. L’écriture est évocatrice, les personnages touchants, et le thème, s’il n’est pas très original, est abordé sous un angle inédit. Une bonne porte d’entrée dans la science-fiction pour ceux que le genre rebute, je vous rassure, ni extraterrestres ni vaisseaux spatiaux ici.

La dynastie des Dents de Lions n° 1
La grâce des Rois (Ken Liu)

note: 3La grâce des rois Miquel - 26 mai 2020

J’aime beaucoup Ken Liu novelliste, ses nouvelles sont souvent des bijoux de science-fiction.
C’est moins fameux avec ce cycle de fantasy des Dents de Lion, une grande fresque de complots et de guerres dans un archipel de fantasy ambiance Chine des royaumes combattants. On peut être impressionné devant l’ampleur du texte (800 pages juste pour ce premier tome) et… on a raison. C’est très long pour le meilleur et pour le pire, l’univers est dense, bien articulé, les personnages nombreux et bien campés mais l’intrigue s’éparpille, les complots finissent par lasser et les personnages passent comme des étoiles filantes.
Je le conseillerai tout de même à ceux qui ont adoré le trône de fer et qui n’ont rien contre une ambiance plus orientale.

Richesse oblige (Hannelore Cayre)

note: 4Richesse oblige Miquel - 26 mai 2020

Ma deuxième lecture de Hannelore Cayre après La Daronne. On reste sur le thème de la comédie noire avec une composante historique cette fois-ci. On suit parallèlement le Paris de de la guerre Franco-Prussienne puis de la Commune et une surprenante enquête familiale sur une île bretonne de nos jours. C’est érudit, politique et drôle, donc très recommandable.

Le fils (Philipp Meyer)

note: 5Le fils Miquel - 20 mai 2020

Très bon roman sur l’Histoire du Texas à travers une famille fortunée. La composante western m’a réjoui.

Underground railroad (Colson Whitehead)

note: 4Underground railroad Miquel - 20 mars 2020

Étrange roman métaphorique. Ici, le chemin de fer souterrain, réseau d’évasion des esclaves américains, devient un véritable chemin de fer avec ses gares, ses locomotives et ses chefs de train. On pourrait même dire que l’on flirt avec le fantastique. Cependant, j’ai trouvé que ce point de départ n’était pas assez exploité et que le chemin de fer lui-même restait en lisière du récit. Il reste malgré tout un bon roman sur l’esclavage à travers quelques états américains.

Les femmes de Heart Spring Mountain (Robin MacArthur)

note: 3Les femmes de Heart Spring Mountain Miquel - 17 mars 2020

Récits entrecroisés de femmes appartenant à plusieurs générations d’une même famille. La narration est émiettée entre plusieurs temporalités depuis les années 50 jusqu’en 2011 lors du passage d’un ouragan sur le Vermont. Je n’ai pas accroché aux thèmes : la filiation et la quête d’identité et j’ai trouvé le rythme rendu pénible par la structure du roman. A sauver tout de même pour le Vermont de la période Hippie.

Ici n'est plus ici (Tommy Orange)

note: 3Ici n'est plus ici Miquel - 11 mars 2020

Roman choral sur la quête d’identité d’indiens des villes. Quelques bons personnages mais je me suis rapidement lassé de la thématique.

Civilizations (Laurent Binet)

note: 4Civilizations Miquel - 27 février 2020

Uchronie maligne de Laurent Binet, tour à tour pastiche de saga nordique, du journal de bord de Christophe Colomb, de chroniques, de correspondances ou d’un récit picaresque (entre autres). En une phrase : Les incas débarquent en Europe ou comment ancien monde et nouveau monde se retrouvent renversés. C’est érudit et amusant, je n’ai pas trouvé le texte trop long comme certains le lui reprochent, j’aurais même aimé en avoir encore un peu plus.

Albuquerque (Dominique Forma)

note: 3 Miquel - 25 janvier 2020

Sympathique roman noir et resserré. Cependant, n’exagérons rien, ce n’est rien de plus que ce qu’annonce la quatrième de couverture. Pas mal.

Jardins de poussière (Ken Liu)

note: 5 Miquel - 24 janvier 2020

Deuxième recueil de nouvelles du génial Ken Liu après la ménagerie de papier. Ken Liu, c’est officiel est l’auteur de science-fiction le plus important de la décennie passée et de celle à venir. Si ce recueil est moins impressionnant que le premier c’est parce qu'on sait maintenant à quoi s’attendre, l’auteur développe ses thèmes fétiches parmi lesquels la mémoire, la filiation, la technologie ou les relations entre orient et occident. Il parvient à associer la hard science à une vraie poétique, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde.

Pyongyang 1071 (Jacky Schwartzmann)

note: 5Pyongyang 1071 Miquel - 11 janvier 2020

Jacky Schwartzmann est un chouette auteur de romans policiers humoristiques mais cette fois-ci il livre un témoignage puisqu’il se lance dans le marathon de Pyongyang.
On est loin de l’exploit sportif, il est bien évident que l’intérêt ici est de se lancer dans une découverte (guidée et contrôlée) de la Corée du Nord. On rit beaucoup, on s’étonne parfois de nos aprioris, on s’indigne aussi mais pas toujours de ceux qu’on croit. Je me suis régalé.

Terre promise (Marc Villard)

note: 4Terre promise Miquel - 11 janvier 2020

Court roman noir de Marc Villard, quelques personnages rapidement esquissés, un squat parisien de migrants, beaucoup de misère et puis un transport de drogue qui dégénère. Rien de très original mais une écriture au point et de bons personnages.

La fracture (Nina Allan)

note: 3La fracture Miquel - 21 novembre 2019

Roman bizarre sur la disparition d’une adolescente de retour vingt ans après. Le roman commence comme un mauvais thriller, continue comme un roman psychologique et prend un tournant inattendu vers la science-fiction. Le monde des livres le présente comme un chef-d’œuvre qui décompose la frontière entre rêve et réalité (rien que ça !). Ce roman a bien sûr tout un tas de qualités mais c’est une lecture exigeante qui laisse un gout de tout ça pour ça.

L'artiste (Antonin Varenne)

note: 3L'Artiste Miquel - 21 novembre 2019

Un roman policier mineur d’Antonin Varenne : un tueur en série, un (ex)-détective privé, un flic solitaire et toute une galerie de personnages hauts en couleur. La lecture est agréable, le style est fluide mais quelques semaines après la lecture on n’en retient pas grand-chose.

Le dernier thriller norvégien (Luc Chomarat)

note: 3Le dernier Thriller Norvégien Miquel - 3 octobre 2019

Étrange roman, véritable métaroman. Il y est question de Delafeuille, éditeur parisien fictif et de Sherlock Holmes, le détective bien connu. Tous deux enquêtent au Danemark sur l’auteur du dernier thriller norvégien dont ils sont les personnages (et l’auteur est bien sûr lui-même un personnage du livre qu’il est en train d’écrire et que ses personnages sont en train de lire…). Ça part dans tous les sens, on y parle pas mal de littérature et du genre « polar nordique » en particulier, de l’édition et de son évolution aussi. Tout ça dans une ambiance Dickienne revendiquée et un humour premier degré dispensable.

L'enfance attribuée (David Marusek)

note: 2L'enfance attribuée Miquel - 26 septembre 2019

Je continue mon exploration systématique ou presque de la collection « une heure lumière » au Bélial.
Ici, il s’agit d’un petit texte cyberpunk : IA, transhumanisme, immortalité, contrôle des naissances… L’écriture (la traduction ?) passe mal, les thèmes ont déjà été abordés mille fois et arrivent même dans les rentrées littéraires !
Bref, je suis plutôt déçu mais je découvre qu’il s’agit d’une réédition d’un texte de 1999, alors évidemment je suis un peu plus tolérant. Ces thèmes ultra rabâchés ne l’étaient pas autant 20 ans plus tôt.

Acadie (Dave Hutchinson)

note: 4Acadie Miquel - 26 septembre 2019

Petit roman ambitieux de science-fiction. Il est question d’une colonie spatiale dissimulée au reste de l’humanité depuis 5 siècles où vit une communauté de généticiens illégaux apprentis-sorciers. Pure littérature d’idée mais avec une pointe d’humour et de décalage, c’est tout ce que j’aime en SF ! Un petit bémol simplement pour le style, un peu laborieux.

Demain c'est loin (Jacky Schwartzmann)

note: 4Demain, c'est loin Miquel - 26 septembre 2019

Roman noir et humoristique dans la banlieue lyonnaise. L’écriture de Jacky Schwartzmann sonne juste. Son humour est bien ancré dans le réel et est d’autant plus drôle que son analyse de la société est percutante.
Je suis d’accord avec le prix Transfuge « meilleur espoir » (confirmé avec son roman suivant : pension complète).

Assassins d'avant (Élisa Vix)

note: 4Assassins d'avant Miquel - 5 septembre 2019

Décidément, Élisa Vix creuse sa niche dans le roman noir français : le roman choral à suspense avec des personnages bien construits, le tout lu en une soirée… Et bien pourquoi pas, on se laisse prendre au jeu.

Signal d'alerte (Neil Gaiman)

note: 3Signal d'alerte Miquel - 5 septembre 2019

Recueil assez inégal de Neil Gaiman. Certaines nouvelles sont parmi ses meilleures (Gaiman reste un excellent conteur), d'autres sont très anecdotiques et ne méritaient pas vraiment d'être publiées. Je recommande particulièrement les nouvelles : Le Problème avec Cassandra, Une invocation d'incuriosité ou Nulle heure pile. Surtout ne pas hésiter à sauter les nouvelles plus dispensables.

Histoire de ta bêtise (François Bégaudeau)

note: 5 Miquel - 16 août 2019

Très bon pamphlet de François Bégaudeau sur la bourgeoisie. Le style est réjouissant et le raisonnement à toute épreuve. En plus on rigole bien.

Rosewater n° 1 (Tade Thompson)

note: 2 Miquel - 16 août 2019

Rosewater est un roman de science-fiction tendance weird : des personnages mutants, une technologie alien organique et mystérieuse, dans le genre on recommandera chaudement Annihilation de Jeffe VanderMeer ou Amatka de Karin Tidbeck. J’avais déjà lu un très chouette et court roman de l’auteur : Les meurtres de Molly Southbourne. J’ai donc entamé ma lecture en étant assez emballé par la promesse : un dôme extraterrestre qui pousse au milieu du Nigéria et qui a de mystérieux pouvoirs de guérison, un agent-secret-contre-son-gré avec des pouvoir psychiques, le tout dans un Nigéria ¾ d’heure dans le futur. Malheureusement l’auteur s’embourbe dans les péripéties, le récit tire inutilement en longueur et on finit par s’ennuyer. A réserver donc aux fans de SF et ne pas hésiter à sauter quelques chapitres...

Né d'aucune femme (Franck Bouysse)

note: 3 Miquel - 16 août 2019

Face à une telle unanimité je vais faire tâche. Ok pour la poésie de l’écriture de Franck Bouysse, le roman jouit non seulement d’un style parfaitement maitrisé mais en plus d’une construction très intelligente. L’imagination du lecteur (la mienne en tous cas) turbine à cent à l’heure en explorant les conclusions possibles au fur et à mesure du récit.

Alors oui, plus noir que ça tu meurs… Mais bon à ce niveau ça aurait plutôt tendance à me faire lâcher le bouquin. Viol, torture, meurtre dégueulasse, j’ai fini par me détacher du personnage de Rose dont il m’était impossible de partager le calvaire pour me concentrer le style ou la construction du récit dont j’ai parlé plus haut. Bref, je suis passé à une lecture plus intellectuelle, moins émotionnelle. Pas pour tout le monde, en tout cas pas pour moi.

Colonies (Laurent Genefort)

note: 3Colonies Miquel - 2 juillet 2019

Colonies et un recueil de nouvelles de science-fiction et plus précisément de space-opéra. On est donc bien loin d’une anticipation ¾ d’heure dans le futur, là il est question de colonisation planétaire, d’astéroïdes miniers, de vaisseaux spatiaux, de symbiose Humain-Alien,…
Laurent Genefort compose donc un recueil autour du thème de la colonisation de l’espace par l’humanité avec une grosse moitié de nouvelles précédemment publiées en revue ou en anthologie et quelques inédits.
Voilà un auteur avec qui j’ai une relation difficile, on trouve dans son œuvre quelques pépites (Lum’en chez le même éditeur par exemple) bien dissimulées dans une montagne de SF ordinaire, qui n’agite pas vraiment l’imagination. Et ce recueil ne fait pas exception, on trouve quelques très bonnes nouvelles (les inédits en fait) au milieu d’une masse que l’on peut lire en diagonale. En fait je pense que Laurent Genefort se bonifie avec l’âge, il faut juste ne pas trop s’attarder sur ses anciens textes, alors pourquoi donc s’acharner à les rééditer ?

Entends la nuit (Catherine Dufour)

note: 3Entends la nuit Miquel - 13 juin 2019

Ou comment écrire un texte subversif avec la base narrative de Twilight et 50 shades. Ce roman signe le retour de la géniale Catherine Dufour aux littératures de l’imaginaire après quelques petits Essais tout à fait recommandables. Il s’agit d’une romance fantastique intello, c’est pour le moins ambitieux, pas son meilleur cependant mais mes attentes étaient élevées, moins d’audace dans le style, moins d’humour aussi que précédemment. Pour ceux que cette curiosité littéraire intéresse.

Elle le gibier (Élisa Vix)

note: 5Elle le gibier Miquel - 5 juin 2019

Il s’agit d’un court roman d’une grosse centaine de page. Un roman choral (c’est la mode) qui se lit comme une dystopie. Sauf qu’en lieu et place d’un totalitarisme imaginaire c’est le monde de l’entreprise contemporain qui est décrit. L’intrigue tourne autour de Chrystal, une jeune diplômée qui vient d’être embauchée par Medecines, le leader international de l’information médicale. L’histoire est racontée par ses anciens collègues, après un drame dont on ne connait pas la teneur avant la fin du roman. C’est très efficace, angoissant, parfaitement maitrisé. Elisa Vix fait partie de ces auteurs qui mériteraient un lectorat bien plus large. 5/5.

Les meurtres de Molly Southbourne (Tade Thompson)

note: 4Meurtres de Molly Southbourne Miquel - 1 juin 2019

La nouvelle livraison de la collection une heure lumière qui propose de courts textes de littérature de l’imaginaire. Après plusieurs déceptions, il s’agit cette fois-ci d’un vrai bon roman d’horreur. Attention cependant, il ne s’agit pas d’un thriller horrifique dont le genre raffole mais d’un livre qui joue avec des thèmes d’ « horreur corporelle » et de science-fiction. Je ne peux pas en dévoiler trop, je me contenterai de reprendre la 4éme de couverture :
Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge.
Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
Ne saigne pas.
Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.
Si tu trouves un trou, va chercher tes parents.
Molly se les récite souvent. Quand elle s’ennuie, elle se surprend à les répéter sans l’avoir voulu… Et si elle ignore d’où lui vient cette terrible affliction, elle n’en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.
Je recommande.

Battues (Antonin Varenne)

note: 5 Miquel - 3 mai 2019

Excellent roman de "rural noir". Je me suis régalé. les personnages sonnent juste, le style de Varenne excellent. L'auteur dit dans sa préface avoir écrit un western au cœur de la Creuse, c'est tout à fait juste. Très recommandable !

L'Extravagant Monsieur Parker (Luc Baranger)

note: 1 Miquel - 3 mai 2019

Cette histoire de Billy the Kid n'a pas réussi à m’intéresser.

Les mafieuses (Pascale Dietrich)

note: 3Les mafieuses Miquel - 2 avril 2019

Polar humoristique avec des mafieux grenoblois. A la mort de Leone, le parrain local, sa veuve reçoit une lettre l’informant qu’un tueur à gage est à ses trousses, vengeance post-mortem de Leone pour l’avoir trompé des années auparavant.

Bonne idée de départ, quelques bons personnages, malheureusement l’écriture a du mal à décoller, on est loin des meilleures comédies noires publiées chez Liana Levi. A lire tout de même, c’est 150 pages seulement, c’est amusant et ça fait couleur locale.

Helstrid (Christian Léourier)

note: 3Helstrid Miquel - 28 mars 2019

Court roman de science-fiction qui porte essentiellement sur un dialogue humain - IA. Intéressant et sympathique mais pas très original, ça m'a donné envie de revoir 2001.

La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l'avoir refait (Margot D. Marguerite)

note: 5La vieille dame... Miquel - 19 mars 2019

Excellent roman : les vieux fourneaux contre Scarface... Je me suis régalé. Effectivement la fin est un peu longuette mais c'est largement pardonnable.

Rois du monde n° 2,3
Chasse royale (Jean-Philippe Jaworski)

note: 5Chasse royale III (Rois du monde 4 ou 2 c'est selon) Miquel - 7 mars 2019

Je profite de ma lecture du dernier tome des rois du monde pour réinsérer ici mon avis sur le tome précédent disparu dans les limbes du site internet :
« Troisième tome des rois du monde. S'il ne vous faut lire qu'une seule série de Fantasy, lisez celle-ci ! L'intrigue : comment Bellovèse, fils d'un roi déchu devient roi des Bituriges ? Mais ça n'a aucune importance. A partir d'une phrase ou deux de Tite-Live, Jaworski dresse un magnifique portrait du monde celte. Le texte nous emporte, c'est littéraire, épique, tragique, magnifique. »
Je n’ai pas grand-chose à ajouter pour ce nouveau tome si ce n’est que le parcours éditorial de cette série (initialement une trilogie) est des plus en plus chaotique : le deuxième tome est maintenant divisé en 4 parties au moins et la troisième partie ne verra probablement pas le jour.

La guerre des pauvres (Éric Vuillard)

note: 4La guerre des pauvres Miquel - 5 mars 2019

Un nouvel Eric Vuillard, à la manière donc d’Eric Vuillard : un récit historique mis en littérature. Cette fois-ci le sujet est un poil opportuniste : les révoltes populaires et protestantes du XVIème siècle et le tout semble trop précipité, manquer de la cohérence voire du souffle littéraire de ses précédents livres, je suis un petit peu déçu. 4 étoiles tout de même, pour la plume, au minimum.

La légende de Santiago (Boris Quercia)

note: 4La légende de Santiago Miquel - 31 janvier 2019

La légende de Santiago est un roman noir du chilien Boris Quercia, déjà auteur du très bon Tant de chien dont La légende de Santiago reprend le personnage principal : l’inspecteur à la dérive Santiago Quiñones.
Pas de surprise nous sommes à nouveau dans un roman noir classique : flic désabusé bousculé par les événements, crescendo de violence, ambiance noire de noire (avec un brin d’humour cependant).
Littérairement c’est impeccable (et je soupçonne une traduction excellente) par contre il manque le soupçon d’originalité qui en ferai un très bon roman.

En procès (Collectif Inculte)

note: 5En procès Miquel - 15 janvier 2019

Voilà un morceau de littérature indispensable bien dissimulé dans le rayon « justice ». Il s’agit pour le collectif inculte (qui compte parmi ces membres Claro, Mathias Enard et Maylis de Kerangal entre autres) de proposer une histoire du XXème siècle à travers quelques uns de ses procès. Évidemment la qualité des textes est variable (20 auteurs tout de même) mais la moyenne est très haute. Je recommande vivement.

55 de fièvre (Tito Topin)

note: 355 de fièvre Miquel - 15 janvier 2019

Réédition d’un roman noir français publié à la série noire dans les année 80. Et c’est exactement ce à quoi ça ressemble : thème politique (ici la décolonisation du Maroc et de racisme), vie quotidienne, envolées de violence mais aussi personnages caricaturaux, narration confuse et un certain sens de la « punchline » ringarde. On est en plein polar français des années 80 pour le meilleur et pour le pire.

Comment parler à un alien ? (Frédéric Landragin)

note: 5Comment parler à un alien ? Miquel - 5 janvier 2019

La nouvelle collection du Bélial Parallaxe vise à publier des ouvrages de vulgarisation scientifique qui tirent leurs exemples d’œuvres de fiction et plus particulièrement de science-fiction.
Comment parler à un alien ? est donc un livre de vulgarisation de linguistique qui s’appuie principalement sur un corpus de romans et nouvelles de SF, sur le film Premier contact de Denis Villeneuve mais aussi sur quelques œuvres de fiction qui ne relève pas du genre comme la septième fonction du langage de Laurent Binet.
Certes le public visé par un tel ouvrage ne doit pas être bien important et c’est dommage parce que c’est passionnant. L’auteur parvient à faire un tour des enjeux les plus intéressants de la linguistique en à peine plus de 200 pages à partir de cette question, qui n’est pas qu’un titre mais bien la problématique du livre : comment parler à un alien ?
Reste la question des préalables. Il y a peu de chance que l’on ait lu ou vu toutes les œuvres auxquelles il est fait référence dans cet ouvrage mais il me semble qu’il serait dommage d’en attaquer la lecture sans avoir vu Premier contact (ou lu la nouvelle « l’histoire de ta vie » dont le film est tiré) et peut être également L’enchâssement, roman de science-fiction linguistique des années 70 auquel tout un chapitre fait référence… Je l’accorde ça fait beaucoup.

Le fini des mers (Gardner Dozois)

note: 3Le fini des mers Miquel - 18 décembre 2018

Nouvelle de science-fiction sur une histoire de premier contact. L'idée est originale mais le traitement est un peu décevant. Certainement pas le meilleur "une heure lumière".

Le discours (Fabrice Caro)

note: 5Le discours Miquel - 5 décembre 2018

Fabcaro est déjà un génial auteur de BD, le voilà devenu un génial auteur de romans. Chouette.

Pension complète (Jacky Schwartzmann)

note: 4Pension complète Miquel - 5 décembre 2018

Polar humoristique bien réussi. L’intrigue tourne autour d’un duo de personnages : un arriviste neo-luxembourgeois et un écrivain parisien snobe qui cache un sacré secret, et cela, contre toute attente se déroule dans un camping de la Ciotat. Les personnages sont réussis, l’humour est bien là, les situations bien emmenées… Reste une intrigue un peu facile qu’on voit venir à des kilomètres.

Un couple de singes (Michel Douard)

note: 5Un couple de singes Miquel - 20 novembre 2018

Très bon roman plein d'humour sur les années punk. Des jeunes paumés, un trafic de drogue qui dégénère, un singe capucin apprivoisé... Excellente découverte.

Évasion (Benjamin Whitmer)

note: 5Evasion Miquel - 8 novembre 2018

Un excellent roman noir sous la forme d’un récit d’évasion au milieu du Colorado et en plein blizzard. Ça se lit d’une traite, on en sort lessivé. Tout à fait recommandable.

Reporter criminel (James Ellroy)

note: 3Reporter criminel Miquel - 2 novembre 2018

Petit recueil de deux courtes histoires de true crime. Ellroy déroule deux enquête durant l’après-guerre du point de vue d’un « nous » qui désigne la police et parfois un peu plus. Comme toujours avec Ellroy c’est édifiant et il ne faut pas en perdre une miette au risque de se perdre. Les deux faits divers racontés interrogent la construction de la vérité dans une enquête criminelle et ça ne laisse pas le lecteur indifférent. Alors certes, ce n’est pas du très grand Ellroy, mais je recommande tout de même la lecture (et puis c’est court autant en profiter).

Tuer Jupiter (François Médéline)

note: 4Tuer Jupiter Miquel - 2 novembre 2018

Voilà un postulat de départ audacieux pour un roman policier : le président de la république française Emmanuel Macron est assassiné ! Ici aucun nom n’a été changé, le roman est ponctué de scènes avec les grands (et moins grands) de ce monde : Donald Trump, Vladimir Poutine, Gérard Collomb, Brigitte (bien sûr), Edouard Philippe, etc…
Alors oui c’est très amusant mais c’est aussi rudement intelligent. Construit de manière ante-chronologique avec une intrigue tortueuse pour un si court roman et une révélation finale fracassante. Très bonne découverte de François Médéline.

Meurtres sur la Madison (Keith McCafferty)

note: 2Meurtres sur la Madison Miquel - 2 novembre 2018

Voilà bien un roman qui ne pouvait être publié que chez Gallmeister : le Montana, les grands espaces, une shérif et son adjoint, une femme fatale, un détective privé qui hésite entre cette carrière et celle de peintre paysagiste et… la pêche à la mouche.
Ça fait plus de dix ans maintenant que Gallmeister existe, des histoires de shérif et de pêche à la mouche le public français en a découvert des tas et des biens meilleurs. Objectivement ce n’est pas un mauvais polar et les amateurs y trouveront peut-être leur compte mais pour moi c’est celui de trop. Et puis bon, la pêche à la mouche quoi...

Je te protégerai (Peter May)

note: 3 Miquel - 11 septembre 2018

Malgré ma lecture passionnée des club des cinq durant mon enfance je n'ai pas su découvrir la clé du mystère dès les premières pages (ce qui est d'ailleurs impossible...).
Un bon roman policier évocateur du passé récent de l'écosse, comme souvent avec Peter May.
Reste une fin particulièrement décevante qui gâche lourdement un bon roman jusque là. Dommage.

Les incurables (Jon Bassoff)

note: 3Les incurables Miquel - 24 août 2018

Une bonne série B bien menée. Des personnages hauts en couleur. On y apprend comment lobotomiser au pic à glace. Chouette.

Tarte aux pêches tibétaine (Tom Robbins)

note: 4Tarte aux pêches tibétaine Miquel - 30 juin 2018

Tom Robbins est le génial et célèbre auteur américain d’Un parfum de Jitterbug, Même les cow-girls ont du vague à l'âme et surtout de Féroces infirmes, retour des pays chauds. Auteur malheureusement méconnu en France et heureusement (ré-)éditer intégralement par les éditions Gallmeister depuis quelques années.

Du fait de son grand âge Tom Robbins n’a rien écrit depuis un bon moment et qu’elle heureuse surprise de découvrir Tarte aux pêche tibétaine, l’autobiographie non assumée du génial auteur. Bien évidemment ça ne vaut pas ses textes de fiction et de loin mais on a de quoi trouver son bonheur notamment dans les deux premiers tiers du livre riches en anecdotes édifiantes dans une Amérique des années 40 à 70. Le troisième tiers est un peu plus poussif, surtout à partir des années 80 lorsque Tom Robbins devient (et ce n’est pas un spoiler) un auteur à succès, on a plus de mal à se sentir concerner par ses malheurs et ses récits de riche touriste aventurier...

Glaise (Franck Bouysse)

note: 3Glaise Miquel - 5 juin 2018

Un roman noir de chez noir. L'arrière pendant la première guerre mondiale. Des fermes isolées du Cantal. Des personnages torturés par le passé. On est mal à l'aise parce-qu’on ne sait pas mais qu'on imagine, c'est poisseux, parfois dérangeant, presque glauque.
A lire, pour l'expérience.

Amatka (Karin Tidbeck)

note: 4Amatka Miquel - 5 juin 2018

Un très bon roman de science-fiction suédoise qui commence comme de la SF anthropologique à la Ursula K. LeGuin et fini dans l'étrange (le Weird anglo-saxon) total. C'est plein d'idées, un peu troublant, les personnages sont bons et on y réfléchit un moment.

La petite gauloise (Jérôme Leroy)

note: 4La petite gauloise Miquel - 5 juin 2018

Court roman noir de Jérôme Leroy. On y parle politique et terrorisme. L'auteur enchaîne les portraits de personnages à grande vitesse. Ça manque parfois (souvent ?) de subtilité, heureusement on rigole. Un bon moment.

Racket (Dominique Manotti)

note: 5Racket Miquel - 23 mai 2018

Roman noir sur l’affaire Alstom. Ça donne pas trop envie comme ça pourtant on aurait tord de passer à côté. Dominique Manotti sait comme personne s’emparer du réel pour écrire d’excellent romans noirs. A lire pour s’informer sur un scandale d’état mais aussi pour le plaisir de la littérature.

Le sultan des nuages (Geoffrey Alan Landis)

note: 3Le sultan des nuages Miquel - 23 mai 2018

Court roman de science-fiction sur la colonisation de Vénus. L’auteur est, sans blaguer, chercheur à la NASA spécialisé dans la terraformation de Mars et Vénus, ce qui donne tout de suite un peu plus de poids à son propos. Malgré tout, imaginer comment faire vivre des gens sur d’autres planètes n’apprend pas à construire des personnages donc ça sonne un petit peu creux. A lire donc pour les idées scientifiques et surtout pas pour les personnages ou même l’intrigue.

Le garçon (Marcus Malte)

note: 5Le garçon Miquel - 23 mai 2018

Pas grand-chose a ajouter. Effectivement c’est un grand roman. Effectivement on est happé par le livre. Bien plus abordable et grand public que les nouvelles du même auteur. Tout à fait recommandable.

Walt Longmire n° 11
Tout autre nom (Craig Johnson)

note: 4Tout autre nom Miquel - 4 mai 2018

Un chouette Craig Johnson. On a toujours autant de plaisir à retrouver ses personnages. Avec cette fois-ci quelques scènes d’anthologies dans le plus pur style western. Un roman un poil trop mystique à mon goût à coups d’anciens guerriers et de bisons blancs mais ça reste une valeur sûre.

Pour services rendus (Iain Levison)

note: 5Pour services rendus Miquel - 4 mai 2018

Roman sur la fabrique de l’opinion, sur le mensonge institutionnalisé par les communicants au service du politique. Comme d’habitude avec Iain Levison c’est drôle et terrifiant à la fois, accrocheur mais documenté et surtout sans concessions.

Scalp (Cyril Herry)

note: 4Scalp Miquel - 3 avril 2018

Un polar... forestier. Hans, un jeune garçon de 9 ans, et sa mère partent à la recherche du père que Hans n’a jamais connu, parti vivre dans une yourte en pleine campagne forestière avant sa naissance.
La temporalité est extrêmement dilatée, les personnages sont finement conçus, les accès de violences soudains et inattendus. On pense parfois à Manchette avec plus d’arbres. Pas le polar de l’année mais une lecture qui laisse des images fortes (de forêt) en tête après coup.

Avant que les ombres s'effacent (Louis-Philippe Dalembert)

note: 3Avant que les ombres d'effacent Miquel - 3 avril 2018

Bien obligé d’aller à contre courant de cette avalanche d’avis positifs. Le roman se lance sur un délicieux chapitre introductif plein d’humour, d’érudition et de littérature. Et puis commence le récit proprement dit, sans surprise, que je résumerai ainsi : Pologne → Allemagne → France → Haïti. Bref, je me suis ennuyé... Je note 3 pour l’introduction.

La chance du perdant (Christophe Guillaumot)

note: 4 Miquel - 20 mars 2018

Sympathique polar toulousain sur le quotidien d’une petite équipe de la SRPJ de Toulouse qui se consacre aux jeux et paris. Il faut passer quelques chapitres pour oublier qu’on nous a vendu le livre comme « proche du réel », « écrit par un policier » et accepter les invraisemblances et le coté bigger than life du roman. Il reste un chouette divertissement.

Les villes de la plaine (Diane Meur)

note: 4 Miquel - 20 mars 2018

«  C'est tout le talent de Diane Meur que de nous faire réfléchir aux grandes questions de la religion et de nos systèmes politiques par le biais de ce récit haletant, où souffle un vent de liberté jubilatoire et contagieux. » Tout est vrai sauf que ce n’est ni « haletant » ni « jubilatoire » et qu’on oublie de parler du principal, le sujet du livre : la langue et la sémantique. Bref, comment parler de linguistique, de sémantique, de politique et de religion dans un livre de fantasy (ne nous racontons pas d’histoire « une civilisation antique imaginaire », c’est de la fantasy) ? Comme ça et c’est très bien. Seul bémol : on a bien du mal à croire aux personnages et encore plus à s’y attacher.

Le quintet de l'islam n° 3
L'ombre des grenadiers (Tariq Ali)

note: 4 Miquel - 20 mars 2018

Roman historique sur les derniers musulmans d’Andalousie et leur confrontation avec l’inquisition catholique. On est projeté dans un autre univers. Les personnages sont nombreux et parfaitement maîtrisés. Les problématiques résonnent à travers les époques. Lecture fortement recommandable.

Encore vivant (Pierre Souchon)

note: 5Encore vivant Miquel - 14 mars 2018

Tout commence avec Pierre Souchon qui mâche une branche de buis accroupi sur le buste de Jaures à Montpellier au petit matin. Puis viennent les pompiers, puis la police, on l’emmène à l’HP...
Pierre Souchon est journaliste, véritable grand transfuge : grand-parents paysans, père garde-chasse, lui-même khagneux, journaliste et marié à une fille de la grande bourgeoisie.
Encore vivant raconte donc Pierre Souchon d’après lui-même à travers ces deux axes : la bipolarité et les crises qui vont avec (dépressive, maniaque ou mystique!) et la lutte des classes. Et, contre toute attente, c’est génial ! Là où on pourrait craindre un texte chiant et auto-centré, Pierre Souchon livre, avec un évident sens de la mise en scène et du dialogue, un récit, certes autobiographique, mais captivant et truffé de matière à réflexion.

Toxoplasma (David Calvo)

note: 4Toxoplasma Miquel - 7 mars 2018

Chouette roman de science-fiction (ou d'anticipation ?). Une déambulation cyberpunk dans les rues de Montréal assiégée. Ça se passe aujourd'hui mais le monde a déraillé dans les années 90, internet a été hacké lors de ses débuts, la bande magnétique est resté le support de données par excellence et le film direct to VHS le sommet du 7e art, la guerre fait rage en Europe, Trump est devenu président des USA (!) et Montréal s'est déclarée commune autonome.
Tout ça est un peu foutraque, remplit de référence au cinéma de genre des année 80/90. L'intrigue s'en ressent et est parfois confuse. Il reste une superbe ambiance. A réserver aux fans de SF mais ceux qui aiment l'anticipation devraient aussi y trouver leur compte.

Loups solitaires (Serge Quadruppani)

note: 3 Miquel - 31 janvier 2018

Une histoire de barbouzes sur fond de guerre au terrorisme avec le Limousin comme décor. L’intrigue est bien ficelée tout comme la structure du roman. On regrettera le trop grand nombre d’autoréférences à l’œuvre et à la vie de l’auteur (au point de rendre le bouquin cryptique par moment pour qui n’a jamais lu Serge Quadruppani) et un humour à la noix rarement bienvenu.

Le problème à trois corps n° 2
La forêt sombre (Ci xin Liu)

note: 2La forêt sombre Miquel - 30 janvier 2018

Suite du problème à trois corps paru l’an dernier. Pour rappel, un génial roman de science-fiction où il était question de questionnements astrophysiques, d’algorithmes évolutifs et de la révolution culturelle. Cette suite, par contre, est tout sauf géniale, ultra bavarde et demandant un haut niveau de suspension d’incrédulité on regrettera particulièrement le traitement des personnages (et surtout des personnages féminins) en carton-pâte. J’ai tenu 300 pages et c’est déjà pas mal.

Mato Grosso (Ian Manook)

note: 2Mato Grosso Miquel - 9 novembre 2017

Mato Grosso, p. 33 : "Qu'est-ce que c'est encore que ce mauvais mélo de telenovela ?". Moment de cruelle lucidité de l'auteur. MS

Le Regard (Ken Liu)

note: 3Le Regard Miquel - 7 novembre 2017

Un tueur en série, des implants cybernétiques, une détective privée... Ken Liu s'essaye au polar cyberpunk trois quart d'heure dans le futur. Petite lecture agréable pour occuper une soirée mais nettement en dessous des précédents chef-dÆoeuvres de l'auteur (la ménagerie de papier, l'homme qui mit fin à l'histoire). MS

La mythologie viking (Neil Gaiman)

note: 3La Mythologie viking Miquel - 7 novembre 2017

L'auteur d'American gods s'éloigne progressivement de ses grandes oeuvres. Ici il est question de dieux nordiques dans une mise en scène de la mythologie viking qui sent un peu le travail de commande. Pour autant c'est très bien exécuté. A recommander à ceux, comme moi, qui ne connaisse rien à Thor, Loki et compagnie et qui sont simplement curieux. MS

Le diable en personne (Peter Farris)

note: 3Le Diable en personne Miquel - 26 septembre 2017

Deuxième roman noir de Peter Farris après «Dernier appel pour les vivants». LÆauteur continue de faire ses gammes, le style est impeccable, les codes du roman noir maîtrisés il manque juste un peu dÆâme à ce roman (et un peu dÆoriginalité à cet auteur) pour être très bon. En quelques mots, de quoi sÆagit-il ? Tout commence avec une jeune femme transportée dans le coffre dÆune voiture pour être exécutée quelque part au milieu de la Géorgie. Pas de chance pour les tueurs envoyés par un proxénète de luxe de la Ville, la forêt géorgienne est habité par un ancien trafiquant dÆalcool à la gâchette facile: Leonard Moye. La rencontre entre le vieil excentrique et Maya, la jeune prostituée, va faire des étincelles... MS

Commissaire Soneri n° 1
Le fleuve des brumes (Valerio Varesi)

note: 3Le Fleuve des brumes Miquel - 2 août 2017

Le roman tourne autour d'un passé enfoui, celui du fascisme et de la résistance italienne, la grande Histoire donc mais qui ne se rappelle aux souvenirs que de quelques vieux hommes. En guise de cadre, le Pô en crue et en guise de personnage principal un inspecteur amateur de bonne chère. Polar agréable mais classique et sans grande surprise. MS

La Daronne (Hannelore Cayre)

note: 5La Daronne Miquel - 2 août 2017

Pour moi LE roman de l'année. Chaque page est un régal de littérature, dÆanecdotes et dÆérudition. Génial ! MS

Oeuvre non trouvée

note: 5Rois du monde, tome 3 Miquel - 2 août 2017

Troisième tome des rois du monde. S'il ne vous faut lire qu'une seule série de fantasy, lisez celle-ci ! L'intrigue : comment Bellovèse, fils d'un roi déchu devient roi des Bituriges ? Mais ça n'a aucune importance. A partir d'une phrase ou deux de Tite-Live, Jaworski dresse un magnifique portrait du monde celte. Le texte nous emporte, c'est littéraire, épique, tragique, magnifique. MS

Walt Longmire n° 10
La dent du serpent (Craig Johnson)

note: 5La Dent du serpent Miquel - 9 juin 2017

Comme chaque année, les éditions Gallmeister nous donne notre dose de Walt Longmire, shérif du comté dÆAbsaroka. Il sÆagit très certainement de LA série de polar contemporaine à suivre (bien loin devant les Harry Bosch et autres Jean-Baptiste Adamsberg) grâce à ses personnages particulièrement attachants. Cette fois-ci Walt Longmire est confronté à une communauté religieuse dÆinspiration mormone arrivée récemment dans son comté. LÆoccasion pour Craig Johnson de parler grands espaces et religion, cÆest très drôle et cÆest tant mieux. MS

Les marches de l'Amérique (Lance Weller)

note: 5Les Marches de l'Amérique Miquel - 30 mai 2017

Pas grand-chose à ajouter. Un grand roman sur la frontière de lÆOuest et la construction sanglante dÆune nation. A travers trois personnages dignes dÆun récit mythologique. Le mythe de la conquête de lÆOuest donc, dans ce quÆil a de plus viscéral. Excellent. MS.

Seules les bêtes (Colin Niel)

note: 4Seules les bêtes Miquel - 30 mai 2017

Nouveau roman de Colin Niel qui change radicalement de cadre : après la Guyane, les Causses. Comme dÆhabitude sÆest extrêmement bien documenté et le mystère demeure jusquÆaux dernières pages. Une fois nÆest pas coutume, lÆauteur se plie à la mode du roman choral, fort heureusement lÆexercice est réussi et se prête même particulièrement bien à un roman policier. Ainsi lÆintrigue se dévoile par la superposition des récits individuels et seul le lecteur en détient toutes les clés. Une très bonne lecture. MS

Pssica (Edyr Augusto)

note: 5Pssica Miquel - 13 mai 2017

Edyr Augusto est un auteur indispensable pour tout amateur de roman noir. Son nouveau roman, pssica, se déroule dans le nord du Brésil, entre lÆétat du Para et la Guyane française. Entre meurtres gratuits, esclaves sexuels et piraterie sur lÆAmazone. On nÆen finit pas de sombrer durant ce court roman. Plus noir tu meurs ! MS

Un pont sur la brume (Kij Johnson)

note: 5Un pont sur la brume Miquel - 23 mars 2017

Un nouveau court roman de la très bonne collection «une heure lumière» des éditions du Bélial. Dur de résumer 140 pages, on se contentera donc de dire quÆil sÆagit dÆun roman de fantasy, quÆil y est question dÆun fleuve de brume qui coupe un empire en deux et de la construction dÆun pont. En bref une fantasy à lÆapproche anthropologique dans la lignée dÆune Ursula K. Le Guin. Tout à fait recommandable. MS.

Prendre les loups pour des chiens (Hervé Le Corre)

note: 4Prendre les loups pour des chiens Miquel - 15 mars 2017

A 25 ans, Franck sort de prison pour un braquage commis quelques années auparavant avec son frère. Une erreur de jeunesse... Il nÆa pas dénoncé son frère qui doit lÆattendre à sa sortie. Pourtant, une fois dehors, cÆest Jessica qui lÆattend, la compagne de son frère dont il nÆa aucune nouvelle si ce nÆest quÆil est en Espagne pour monter un coup. Il se retrouve donc avec la famille de Jessica, ses parents odieux et répugnants, une petite fille mutique et toujours accompagnée dÆun immense chien terrifiant et puis elle junkie et lunatique. LÆhistoire se déroule en quelques jours, durant un été caniculaire, poisseux et assommant du sud de la France. Véritable roman noir, lÆintrigue se complexifie et sÆassombrit progressivement jusquÆà un final sans concession. Hervé le Corre revient à ses premiers amours du roman noir et cÆest tant mieux. Nous regretterons cependant quÆà la manière dÆun Pierre Lemaitre, il devra attendre dÆêtre publié en blanche pour être reconnu par la critique française. MS.

Les apparences (Gillian Flynn)

note: 4Les Apparences Miquel - 8 février 2017

Un thriller extrêmement bien mené qui repose sur la confiance que lÆon accorde aux narrateurs. Un roman à twist donc, dont il ne faut rien révéler. Quelques regrets cependant, un début un peu long et une fin un peu déconcertante, mais lÆessentiel nÆest pas là. MS

Un long silence (Mikal Gilmore)

note: 5Un long silence Miquel - 8 février 2017

Excellent roman biographique. Il sÆagit de lÆhistoire de la famille Gilmore qui donna à lÆAmérique son premier condamné à mort après une période de 10 ans (de 1967 à 1977) sans exécution. Le frère de Gary Gilmore raconte donc lÆAmérique du début du siècle, celle de la jeunesse de ses parents, puis lÆAmérique des années 50 de ses grands frères puis la sienne, celle du rock et des mouvements progressistes. On passe de lÆUtah mormon au Texas conservateur, jusquÆà la Californie des pauvres et des truands. Tout ça jusquÆà une fin annoncée, celle de lÆexécution du frère du narrateur. Très certainement le meilleur roman Sonatine. MS.

Seul le silence (Roger Jon Ellory)

note: 4Seul le silence Miquel - 27 janvier 2017

On suit l'évolution d'un homme, de son adolescence à sa vie d'adulte, en prise avec une série de meurtres de jeunes filles qui le poursuit sans cesse, depuis une ferme de midwest jusqu'au milieu littéraire new-yorkais. Ellory construit un thriller plus qu'efficace, qui parvient à dépasser un genre souvent trop cloisonné. On regrettera une conclusion un peu décevante. MS

La fille du train (Paula Hawkins)

note: 3La Fille du train Miquel - 27 janvier 2017

Un roman qui ne mérite certainement pas son succès mais c'est ainsi... Le train, finalement n'a pas grande importance ici. On y parle surtout de la descente aux enfers d'une femme rongée par l'alcoolisme après une rupture difficile. Et qu'est-ce que ce personnage est agaçant ! On tourne en rond pendant la première moitié du roman entre alcool, mémoire embrouillée et culpabilité. Ça n'empêche pas l'auteure de finalement nous livrer un thriller efficace, surtout dans ses 100 dernières pages. MS

L'homme qui mit fin à l'Histoire (Ken Liu)

note: 4L'Homme qui mit fin à l'histoire Miquel - 17 janvier 2017

Court roman de Ken Liu (disons une nouvelle) qui sous prétexte d'une histoire de voyage temporel nous interpelle sur les exactions japonaises durant la seconde guerre mondiale. Comme d'habitude avec Ken Liu (génial auteur de la ménagerie de papier) c'est très bien, les personnages sont crédibles et la science fiction vraiment spéculative. On regrettera cependant que l'argument science-fictif soit cet fois-ci une simple excuse pour parler d'Histoire et non le centre de l'intrigue. MS.

La Religion (Tim Willocks)

note: 1La Religion Miquel - 17 janvier 2017

Du sang, des tripes, du sang, des tripes... Bien étalé sur 800 pages ça nous fait un roman. MS

Chen Cao n° 10
Il était une fois l'inspecteur Chen (Xiaolong Qiu)

note: 4Il Etait une fois l'inspecteur Chen Miquel - 13 janvier 2017

Pas vraiment un roman, pas vraiment un recueil de nouvelles, pas vraiment une autobiographie mais un peu tout cela à la fois. Cette nouvelle aventure de l'inspecteur Chen ressemble à un rassemblement de fonds de tiroirs pourtant elle mérite tout notre intérêt. LÆouvrage est donc composé dÆun court roman (une centaine de pages) présentant la première enquête de lÆinspecteur de Shanghai agrémenté de quelques textes sur sa jeunesse durant et après la révolution culturelle. Enfin, lÆouvrage démarre et se termine par deux textes autobiographiques de lÆauteur prenant également place durant la révolution culturelle. Tout cela vaut donc largement le coup dÆ£il même si il ne sÆagit ni du meilleur titre de la série ni de lÆautobiographie de Qiu Xiaolong que lÆon aurait pu attendre, la faute à un format un peu étrange. MS

Le problème à trois corps n° 1 (Ci xin Liu)

note: 5Le problème à trois corps Miquel - 29 novembre 2016

Un roman bien difficile à résumer. Une chose est sûre, il ne faut surtout pas lire celui de la quatrième de couverture qui dévoile tout. Disons qu'il y est question de problèmes astronomiques, d'algorithmes évolutifs, de programmes de communication avec des extra-terrestres mais aussi de la révolution culturelle, de la Chine contemporaine ou encore du monde scientifique. Un excellent roman de science-fiction ! MS

Les maraudeurs (Tom Cooper)

note: 3Les Maraudeurs Miquel - 29 septembre 2016

Les maraudeurs est le premier roman d'un certain Tom Cooper qui a eu droit a une promotion déconcertante. En plein dans la mode du roman américain sur les whites trash et autres petits blancs du sud des Etats-Unis, le roman suit plusieurs personnages, tous un peu paumés (dealers d'herbe, chercheur de trésor, pécheurs de crevettes,...) dans le bayou de la Barataria, à l'embouchure du Mississipi. La plume de l'auteur est aisée, l'humour naturel et les personnages bien construits. Rien d'étonnant donc à ce que Stephen King ait trouvé là un "sacré bon roman !" (voir la couverture)... Pourtant on ne peut s'empêcher de penser au nombreuses fois où on a déjà lu ce livre (quelque part chez James Lee Burke peut-être). A mon humble avis, 398 pages c'est un peu trop pour ce que l'auteur a à nous dire. MS

Oeuvre non trouvée

note: 5Rois du monde, tome 2 Miquel - 15 septembre 2016

Dans la continuation de Même pas mort, Jean-Philippe Jaworsky poursuit sa grande fresque celtique. Épique, époustouflant, poignant, le tout servi par une écriture parfaitement maitrisée. Jaworsky redéfinit les codes bien étriqués de la fantasy et c'est tant mieux. MS

Oeuvre non trouvée

note: 3La Longue Terre, tome 1 Miquel - 26 août 2016

En partant d'une histoire de terres parallèles (thème casse gueule en SF parce-que déjà traité mille et une fois), les deux auteurs livrent un efficace bien que très classique roman de science-fiction. On prend plaisir à retrouver une SF légère et adepte du "sense of wonder" qui nous sort des dystopies et autres romans post-apocalyptiques tant à la mode dans le genre ces jours-ci. MS

Lagos lady (Leye Adenle)

note: 4Lagos Lady Miquel - 26 août 2016

Voici un roman noir Nigérian qui mérite largement le coup dÆ£il. De bons personnages (malgré un contre-cliché de l'européen blanc en Afrique tellement crédule et peu responsable de ses actes qu'il en devient pénible), un terrain de jeu idéal pour le roman noir (Lagos, plus grande ville d'Afrique avec ses 30 millions d'habitants et ses inégalités abyssales), une sombre histoire de crimes rituels et une plume plus qu'habille. Je suis conquis. MS

Tant de chiens (Boris Quercia)

note: 5Tant de chiens Miquel - 10 août 2016

Les éditions Asphalte continuent de nous faire découvrir des romans de tous horizons et particulièrement d'Amérique latine. Ici, Boris Quercia, auteur chilien, nous livre un polar hard boiled bien noir lorgnant du coté d'un Edyr Augusto (auteur brésilien publié aux même éditions Asphalte) ou d'un plus classique Raymond Chandler. Les rues de Santiago du Chili se prêtent particulièrement à cette courte enquête noire parfaitement maitrisée qui se dévore d'une traite. MS.

De nos frères blessés (Joseph Andras)

note: 4De nos frères blessés Miquel - 13 juillet 2016

Premier roman de Joseph Andras, De nos frères blessés, aborde le parcours de Fernand Iveton, seul européen condamné à mort de l'épisode de la guerre d'Algérie. Condamné donc, pour avoir posé une bombe dans son usine sans avoir l'intention de tuer quiconque (une bombe qui d'ailleurs, n'a pas explosé et n'a donc fait aucune victime). Avec ce texte court (un peu plus d'une centaine de pages), Joseph Andras parvient parfaitement à rendre compte de l'ambiance d'une guerre civile qui ne dit pas son nom. On retrouve ce qui fait à mon sens de la guerre d'Algérie une formidable matrice littéraire (certes dramatique), une ambiance de colonialisme tardif aux inégalités insupportables, un état français incapable de gérer la situation, des tensions affectives immenses, un cocktail dramatique qui aboutit à une violence impensable, entre tortures, exécutions et mises en scènes macabres. Un roman un peu court cependant, qui certes construit parfaitement le personnage de Fernand mais qui oubli peut-être de creuser ce qui le conduit à s'engager et à passer à l'acte. MS.

Oeuvre non trouvée

note: 4A vol d'oiseau Miquel - 12 juillet 2016

Walt Longmire doit marier sa fille dans la réserve indienne qui jouxte le comté d'Absaroka. Voilà qui n'est déjà pas simple. Mais cette situation périlleuse prend une dimension encore plus dramatique quand il assiste impuissant avec son ami Henry au plongeon dans le vide (suicide, meurtre ?) d'une jeune femme avec son enfant dans les bras. Et voilà que Walt se lance au mauvais moment dans une enquête au coeur de la réserve indienne et de ses malheurs. Entre la multiplication des polices et agences fédérales impliquées, la manière très particulière des amérindiens d'envisager la religion (au passage on gagne une magnifique scène de trip au peyotl pour notre cher Walt) et une sacré galerie de personnages, tout est là pour permettre à Craig Johnson d'exercer son plus grand talent.MS.

Une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson n° 14
Le lagon noir (Arnaldur Indridason)

note: 3Lagon noir Miquel - 7 juin 2016

Nouvelle aventure de l'inspecteur Erlendur de l'infatigable Arnaldur Indridason. Le roman prend place en 1979, en pleine guerre froide, ce qui n'est pas sans conséquences pour l'Islande qui abrite des bases militaires américaines, véritables petits morceaux d'Amérique au milieu des fjords glacés islandais. A partir d'un corps retrouvé abandonné dans un lagon, l'inspecteur et sa coéquipière mène l'enquête jusque dans une de ces bases militaires en devant affronter les réticences de l'armée américaine. En parallèle, Erlendur se replonge dans une vieille affaire de disparition. S'il ne s'agit certainement pas du plus mauvais des romans d'Indridason et qu'il livre ici une intéressante description du passé récent de l'Islande on ne peut qu'être un poil déçu par une énième enquête scandinave. Un genre qui peine à se renouveler. MS.

The whites (Richard Price)

note: 5The Whites Miquel - 7 juin 2016

Dernier roman de Richard Price, The Whites constitue une petite pépite insoupçonnée. Le roman nous livre le quotidien d'un flic de nuit du NYPD, un peu à la manière d'une série comme Homicide (adapté du livre Baltimore de David Simon - oui, le David Simon, réalisateur de The Wire dont Richard Price a été scénariste -) ou NYPD Blue. Bâtit sur une intrigue à base de criminels non repentis, ceux qui s'en sortent blancs comme neige (les Whites), le récit prend une tout autre dimension grâce à ces petits instants du quotidien, souvent riches en humour noir et en triste réalité. Je recommande vivement ! MS.

Rural noir (Benoît Minville)

note: 4Rural noir Miquel - 29 avril 2016

Dès son titre "Rural noir" se frotte à la comparaison avec le country noir américain dont l'auteur, Benoit Minville (jusque là habitué du roman jeunesse), se revendique. Faisant de la Nièvre un Mississippi bien de chez nous. A la manière d'un Lansdale ou même (n'ayons pas peur des références !) d'un William Faulkner, Benoît Minville s'intéresse aux petits blancs, aux red-necks oubliés qui peuplent la campagne française. Intentions forts louables et en partie couronnées de succès à travers une histoire de famille, de souvenirs enfouis, de vengeance et de trafic de drogue. Reste tout de même quelques petites réserves sur la forme (probablement héritée d'un passé d'auteur jeunesse) et sur le fond qui peine à représenter une campagne française «réaliste» tant certains traits sont caricaturaux. MS.

Suburra n° 1 (Carlo Bonini)

note: 5Suburra Miquel - 27 avril 2016

Dans la lignée d'un Romanzo Criminale, Giancarlo de Cataldo (ancien juge désormais écrivain) s'est adjoint l'aide du journaliste Carlo Bonini pour le grand roman noir de l'Italie contemporaine qu'est Suburra. Construit autour d'une sombre affaire de bétonnage du littoral romain, le roman aborde une foule de personnages dont les chemins se croisent au grès de leurs ambitions. Mafias siciliennes, romaines et gitanes, Église évidemment corrompue et dépravée, tout comme la justice, les médias et le pouvoir politique tout cela baignant dans un passé fasciste jamais vraiment éteint. Et puis quelques héros passoliniens surnagent, Marco, flic intègre au passé fasciste, un procureur pianiste de jazz la nuit et Alice, représentante d'un mouvement citoyen qui s'attaque à beaucoup plus gros qu'elle. La quatrième de couverture parle de Balzac, Tarantino et Ellroy... Seule la référence à Ellroy a vraiment du sens. Elle est largement méritée. MS.

Walt Longmire n° 1
Little Bird (Craig Johnson)

note: 4Little Bird Miquel - 2 février 2016

L'histoire prend place dans le comté fictif d'Absaroka au Wyoming. Walt Longmire en est le shérif veuf et désabusé, personnage classique de roman noir placé ici dans le contexte de l'ouest américain contemporain. Tout commence lorsqu'on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve indienne qui jouxte le comté. Cody avait été condamné deux ans auparavant avec trois autres jeunes hommes pour le viol d'une jeune indienne souffrant d'alcoolisme f£tal, Little Bird. L'intrigue construite autour de cette enquête monte progressivement en complexité et en intérêt à mesure que les fausses pistes s'accumulent jusqu'à un final dense et surprenant. On retiendra de cet ouvrage que Craig Johnson maîtrise parfaitement son univers au point de lui imprimer une lenteur nécessaire. On lit avant tout les aventures de Walt Longmire pour ses personnages et pour le petit univers douillet, celui des plaines et des montagnes du Wyoming sur lesquels un blizzard sÆapprête à déferler, dans lequel Craig Johnson nous installe. L'enquête en elle même raccrochant l'intérêt du lecteur sur les cent dernières pages particulièrement intenses. MS

Oeuvre non trouvée

note: 4Les Annales du Disque-Monde, tome 6 Miquel - 30 décembre 2015

L'histoire se déroule dans le royaume de Lancre et débute par l'assassinat du roi Vérence qui devient aussitôt un fantôme qui hante son propre château. A sa place, le duc Kasqueth monte sur le trône. Mais le tout jeune fils de Vérence échappe à la mort et disparaît avec une troupe de théâtre grâce à l'aide des trois sorcières pratchettiennes : Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail. L'intrigue repose alors sur l'affrontement entre ces sorcières et le roi Kasqueth. Il aura fallut six tomes à Terry Pratchett pour s'attaquer à la référence ultime de la littérature mondiale en générale et anglaise en particulier : William Shakespeare. Fantôme, assassinat de roi, troupe de de théâtre, trahison, etc. Les références ne manquent pas. Après un premier épisode plutôt léger mettant en scène les s£urcières, Terry Pratchett livre un ouvrage très convainquant qui, pour une fois, ne sÆessouffle pas sur les cinquante dernières pages (un défaut régulier, à mon avis, des Annales du disque-monde). MS

Oeuvre non trouvée

note: 3Et ne cherche pas à savoir Miquel - 30 décembre 2015

L'histoire : Le diable deal des âmes. Il échange de petits avantages pour la durée d'une vie contre des âmes. Mais à qui fait-il appel quand l'heure est venue aux damnés de régler leur dette ? A Lucy, tueuse à gage au service de l'enfer. L'intrigue tourne principalement autour de Walter Gosta, sorte de redneck arriéré et un peu consanguin qui a vendu son âme pour régler ses problèmes d'érections et enfin pouvoir s'envoyer en l'air. Ce plouc dégénéré s'avère finalement plus malin qu'on ne le pense puisqu'il parvient à échapper à Lucy, du moins dans un premier temps. Donc, Lucy enquête et découvre petit à petit le monde qui entoure Walter Gosta. Un monde qui inclus une salon de massage proxénète, un tueur en série au pic à glace, un macchabée travesti volé par sa s£ur, un médecin légiste nécrophile, un crocodile domestique, etc, etc. Progressivement, le roman qui promettait d'être un thriller fantastique se transforme en une tragédie surréaliste et complètement foutraque. Les points de vues éclatent, on passe rapidement de l'un à l'autre de ces personnages tout droit sortis d'une tragédie grecque sous amphétamines. Roman captivant, qui me laissera quelques images fortes imprimées sur les rétines comme celle d'un éléphant sous la neige. Marc Behm surprend encore avec ce roman, foutraque en apparence mais jamais brouillon, parfaitement maîtrisé d'un bout à l'autre. MS

Severed (Scott Snyder)

note: 4Severed Miquel - 30 décembre 2015

A la manière d'un récit de Mark Twain, Severed présente les aventures d'un jeune garçon sur les routes de l'Amérique au début du 20éme siècle. Jack Garron vit seul avec sa mère à Jamestown dans l'état de New York. Il vient de recevoir une lettre de son père qu'il n'a pas connu, celui-ci vit à Chicago, ou il réussit une carrière de violoniste, enfin, d'après ses dires. Jack prend alors là décision de fuguer et de partir rejoindre son père, lui même jouant du violant. Il vit alors plusieurs aventures. Dans le train pour Chicago, il rencontre Sam, une jeune fille qui se dissimule sous des traits de garçon et il va poursuivre sa quête avec elle. Dans le même temps, on découvre un personnage dévoreur d'enfant. Sorte d'ogre moderne capable de voler le visage d'autres individus. On comprend rapidement que l'histoire nous dirige vers la rencontre entre Jack, ce jeune garçon plein de confiance et ce monstre manipulateur, dévoreur d'enfants. Amusante relecture du mythe de l'ogre et croisement original entre Mark Twain et George Romero, Severed s'avère une excellente surprise de la bande dessinée d'horreur. MS

Le secret (Mike Richardson)

note: 4Le Secret Miquel - 30 décembre 2015

Lors d'une soirée entre étudiants, les participants se livrent à un jeu de canulars téléphoniques. Chacun leur tour, ils appellent un numéro au hasard en annonçant à leur interlocuteur qu'ils connaissent son secret et qu'il doit se rendre sous la statue du parc de la ville. Le jeu se passe et aucun interlocuteur téléphonique ne prend le canular au sérieux jusqu'au tour de Pam, l'homme qui décroche le téléphone se montrant particulièrement menaçant. Quelques jours plus tard, Pam disparaît. En une petite centaine de pages, les auteurs montrent leur parfaite maîtrise du Slasher. En partant d'un scénario digne d'une teenage movie d'horreur des plus classique, ils parviennent à créer une histoire prenante que l'on ne lâche pas avant la fin. Le dessin de Jason Shawn Alexander y est pour beaucoup en créant une ambiance oppressante. Je me suis surpris à rentrer dans cette histoire pourtant fort classique et vue et revue au cinéma. Je conseille donc vivement. MS

La ménagerie de papier (Ken Liu)

note: 5La Ménagerie de papier Miquel - 13 novembre 2015

Premier recueil de nouvelles du Sino-américain Ken Liu, figure montante de la science-fiction anglo-saxonne. L'auteur aborde des genres très différents au cours de ces 19 nouvelles, le fantastique avec La ménagerie de papier, l'enquête avec La Plaideuse, La science-fiction ethnologique à la Ursula K. Le Guin avec La forme de la pensée,à On discerne cependant quelques thématiques récurrentes : lÆinterrogation de la réalité et de l'humain, la religion et l'amour familial. J'y vois donc un talentueux successeur de Philip K. Dick avec moins de drogues et plus de sentiments.

Tous malades ! (Neil Gaiman)

note: 3Tous malades ! Miquel - 13 novembre 2015

Le recueil étant richement illustré, sa centaine de pages est rapidement lue. Quelques textes retiennent l'attention mais le recueil est assez inégal et sent malheureusement trop le travail de commande.

Or noir (Dominique Manotti)

note: 5Or noir Miquel - 13 novembre 2015

Le roman prend place dans le Marseille des années 1970. On y trouve le commissaire Daquin, déjà connu des lecteurs de Manotti. L'enquêteur se trouve plongé dans le milieu marseillais fait d'une multitude de réseaux, entre familles corses, services secrets français et américains, services de police en guerre les uns contre les autres, réseaux post De Gaulle et post Algérie française, franc-maçonnerie, milieux financiers, le tout nageant plus ou moins dans des affaires criminelles. Difficile donc, pour le jeune commissaire parisien de 27 ans à peine de démêler le n£ud d'intrigues qui se forme autour de l'assassinat de Pierri, ancien truand du temps de la famille Guerrini, devenu entrepreneur dans le fret maritime. Comme souvent avec Manotti la fiction rejoint la réalité. Le roman est construit autour de quelques grands moments historiquesá: la fin de la French Connection, les débuts de l'OPEP, les prémisses du premier choc pétrolier, la naissance d'un marché de l'art spéculatif,à Il s'agit donc d'un très bon roman qui joue habillement d'une enquête au c£ur d'un méandre de réseaux où l'utilisation du tissu de relations des uns et des autres prend beaucoup plus d'importance que la recherche classique de la preuve matérielle. Dominique Manotti réussit à nouveau à nous convaincre du réalisme désespérant de son histoire.

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